Mercredi 17 juin 2009
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Les Français ne peuvent pas faire confiance à un parti s’il ne fait pas le minimum, c’est-à-dire leur apporter l’espérance en s’occupant de leur avenir (et non du
sien) pour leur proposer un nouveau modèle de société.
C’est ce que le vote des européennes et d’abord l’abstention nous enseigne. Petit à petit, l’appareil du PS a essoufflé ses militants et ses leaders, toujours
rangés en bataillons, prêts à combattre le voisin de section et même de leur propre courant.
Sa lente chute a commencé en 1981, aux lendemains de la victoire de François Mitterrand. Le PS d’abord perdu son électorat populaire année après année,
l’envoyant dans les bras des autres partis, souvent aux extrêmes.
Cela a bien entendu été accéléré par la fin de la présidence Mitterrand où chaque leader a développé sa propre écurie pour peser dans l'appareil et arriver à ses
fins. Le problème c'est que ces attitudes ont centré le PS sur lui-même. Cette stratégie d'écurie pour dépasser son petit camarade a rapidement creusé, et ce pour longtemps, les divisions, qui
sont arrivées à leur paroxysme ces derniers mois. Les leaders du PS se sont de plus en plus occupés d'eux-mêmes et de leur avenir politique, entraînant leurs troupes de militants derrière
eux.
Les électeurs les plus "fidèles" ont vite été lassés par ce jeu de massacre.
Cependant beaucoup d'électeurs de gauche ont continué à voter PS à contrecoeur notamment lors des derniers scrutins nationaux, pour battre ou limiter la
progression de la droite. Reconnaissons-le. Beaucoup dans mon entourage m'avouaient même qu'ils ne referaient pas.
Combien de militants socialistes ont eu la douleur de se faire secouer par leurs anciens électeurs sur les marchés ou lors de porte-à-porte...
Et, depuis dimanche 7 juin, le PS a perdu sa dernière base électorale : les bobos des champs et des villes.
Dimanche, outre l’abstention, beaucoup d'électeurs socialistes, parfois même des militants et des élus, se sont donc réfugiés à Europe Ecologie.
Cette liste européenne a surtout gagné sur l’absence d’appareil et d’hommes providentiels, en vantant le caractère hétéroclite et
véritablement européen de sa liste (avec Eva Joly, Yannick Jadot, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Karima Delli… tous bien éloignés de l’image de l’ancienne ministre Dominique Voynet). Ces
personnalités ont su gommer leurs différents derrière un programme.
Cependant, leur victoire ne s’est pas construite sur un nouveau modèle de société comme je l’ai injustement lu dans la grande majorité de la presse. Certes, ils ont
lancé les bases d’une des principales notions qui servira à bâtir cette société, mais cela n’est pas encore un modèle.
Et le PS ? Les électeurs lui ont envoyé une énième interpellation sous forme de coup de semonce ou plutôt d'ultimatum. J’ai l’espoir que c’est bien le
dernier.